Tensions sur le recrutement

Après avoir connu une crise financière sans précédent il est, de fait, impossible de contrôler les cycles financiers et économiques et d’envisager des scenarii à long terme. Dès lors que tout est interconnecté, la perspective de chocs économiques s’est accrue. Les troubles géopolitiques plombent l’économie mondiale notamment via les cours du pétrole. Le séisme au Japon a non seulement affecté les entreprises locales, mais la désorganisation résultante de la chaîne logistique a contraint certaines sociétés nippones à interrompre la production de leurs usines à travers le monde. La mondialisation renforce l’instabilité « positive ou négative » et ce monde « en fusion » apporte une grande part d’inconnu.
Le marché de l’emploi pour lequel les prévisionnistes étaient à même hier d’exprimer des tendances futures a du s’adapter depuis 4 ans à un monde « volatile ». Dans un climat d’incertitude globale la mondialisation est challengée et le marché de l’emploi se doit d’être extrêmement adaptable et réactif.

Amélioration du marché du travail

Selon une estimation provisoire de l’INSEE, la tendance à l’amélioration du marché du travail s’est amorcée en 2010 et se renforce en 2011.
58.800 postes ont été créés au premier trimestre 2011 contre 37.600 postes au quatrième trimestre 2010. A titre de comparaison, 161.000 emplois salariés ont été créés au total depuis un an (source : http://www.lefigaro.fr/emploi – mai 2011).
Si l’on braque maintenant les projecteurs sur les secteurs d’activité, la fonction IT, au sens large, devrait bénéficier du fort redémarrage du business au sein des SSII et du boom du marché du e-commerce.
Autre secteur porteur : la R&D dans l’industrie, toujours très friande d’ingénieurs.

Dans les énergies nouvelles, les entreprises sont consommatrices de profils qui viennent d’autres types d’industries : agroalimentaire, automobile… Elles courtisent des ingénieurs, mais aussi des techniciens bac+2. » (source http://www.vocatis.fr/ – mai 2011)
La croissance des missions de recrutement constatée dans les cabinets est de 15 à 20 % sur 2010 par rapport à 2009 (source Syntec – mai 2011).

Réactivité des salariés : tensions sur notre cœur de métier de chasse par approche directe

Les salariés, prostrés dans une situation d’attente et chahutés par le monde de l’entreprise et ses incertitudes depuis 4 ans, sont redevenus actifs sur le marché de l’emploi.

Durant ces dernières années, les candidats étaient attentifs à la notion de risque pris par rapport aux opportunités professionnelles qui leur étaient présentées. De fait, la notoriété de l’entreprise comptait peu dans leur prise de décision : ils ne souhaitaient pas rejoindre une entreprise de renom à « n’importe quel prix » !
Nous avons assisté durant cette période à des propositions inédites pour sécuriser les candidats lors d’un passage d’une entreprise à l’autre : reprise d’ancienneté, abandon de la période d’essai…
Dans un espace temps très court qui se vérifie sur le premier trimestre 2011, ces mêmes candidats sont passés de l’état de veille à l’état d’actifs.
Aujourd’hui le rapport entre le projet et la rémunération est privilégié dans la prise de décision des candidats. Ils se dirigent ainsi vers les entreprises les plus à même de leur proposer un vrai projet avec un bon niveau de rémunération. A cela, s’ajoute l’image de l’entreprise qui redevient l’un de leurs critères de choix.

Prudence des entreprises

Il est très probable qu’à l’avenir, l’économie connaîtra des sursauts plus prononcés, tant à la hausse qu’à la baisse et les politiques de recrutement feront appel à de nombreux revirements. Les entreprises ayant souffert durant ces dernières années des difficultés de marché sont en convalescence, et un certain nombre d’éléments peuvent « calmer » leurs ardeurs de recrutement.
La sortie d’une crise des marchés, la perspective d’une crise obligataire, une hausse trop importante de l’euro versus le dollar, une explosion du prix du baril de pétrole, les carnets de commande rythmés par une mondialisation et une interaction des marchés… tout cela aurait un impact direct sur les résultats trimestriels des entreprises, et donc sur les recrutements.

Pour autant, les entreprises ont su développer de réels comportements opportunistes et recommencent à travailler sur des projets devant lesquels elles devront mettre des moyens humains pour les mener à bien.

En conclusion, ces deux facteurs – réactivité des salariés et prudence des entreprises – créent de relatives tensions sur le marché du recrutement.

Les candidats ont changé la donne (prise de décision en fonction du rapport projet/rémunération/notoriété) et les responsables recrutement des entreprises tentent de tirer vers le bas les niveaux de rémunération se réfugiant derrière leur notoriété comme source de rassurance.
Ces deux angles de vue créent ainsi des tensions sur les métiers du recrutement observables depuis début 2011

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Une réponse à to “Tensions sur le recrutement”

  • Oui effet, beaucoup de responsables recrutement commencent à nouveau à éprouver des difficultés à recruter certains profils. Il n’y a pas que l’informatique ou la santé qui est touché d’ailleurs. Actuellement sur une mission dans l’industrie, il devient difficile de recruter pour mon client des techniciens en R et D…

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