L’entreprise du bien-être

Le préjugé de la semaine

Fabienne est une femme épanouie. Mariée, deux enfants, plutôt aisée, elle aime partager son bonheur avec autrui. Pourtant, depuis quelques jours, elle se sent transformée, métamorphosée en une créature d’un égoïsme extrême. La cause : Le bien-être dans son entreprise. Massage hebdomadaire, psychologue aux petits soins, salle de détente High tech, réorganisation des bureaux pour en faire des espaces « zen »… Fabienne est désormais « entreprisophile ». Cela signifie que vers 19h, la panique s’installe, l’idée même de quitter ce havre de paix et de bien-être pour retrouver ses deux progénitures surexcitées, sans oublier l’homme à la zapette qui s’exclamera « Chérie, ce soir je suis fatigué, je te laisse gérer », la fait tourner de l’œil. Une seule chose lui traverse l’esprit : vivement demain matin !

Si les pouvoirs publics ont mis longtemps à se préoccuper du problème du stress au travail, c’est que ce dernier n’est pas facile à définir. Il y a d’abord le stress positif qui serait plutôt synonyme de challenge et qui motive une personne à accomplir une tâche qui l’intéresse, qui la motive. Le stress négatif est lui plutôt lié à la perte de contrôle ou à une charge de travail qui dépasse les capacités d’une personne. Un stress négatif est ressenti par une personne en perte de contrôle et qui, à l’extrême, si elle ne voit pas d’issue à son problème, peut conduire à la dépression voire au suicide.

Le problème qui se pose aux spécialistes, c’est que la résistance au stress diffère d’un individu à l’autre et il est donc difficile d’en trouver une définition universelle. Cependant, on peut trouver plusieurs paramètres qui permettront de réduire de façon non négligeable le stress au travail et faire en sorte que le bien-être au travail prenne véritablement vie.

La détente à l’état pure
Abandonnez un instant votre paperasse, vos contrats, vos clients et descendez au premier étage pour une heure de massage. Vous ressortirez le sourire aux lèvres, les nerfs détendus, espérons que votre premier coup de fil ne gâchera pas tout…
Ces petits moments de détente en plein milieu d’une journée stressante se font de plus en plus. Cela permet de s’abandonner quelques instants, faire le vide dans son esprit et de repartir d’aplomb pour terminer la journée en beauté. Voici les activités que l’on peut retrouver fréquemment :

  • Réflexologie : La réflexologie vise à mobiliser les processus d’autoguérison du corps. Elle se pratique en exerçant une pression soutenue, avec le bout des doigts, sur des zones ou des points réflexes situés sur les pieds, les mains et les oreilles.
  • Relaxation
  • Massages
  • Sophrologie : Etude de la conscience humaine, de ses états et modifications, pour leur application dans un but thérapeutique, prophylactique (du domaine de la prévention) ou pédagogique.
Je définirais la sophrologie comme un outil qui permet d’obtenir l’harmonie entre le corps et l’esprit.
  • Gym Holistique : gymnastique basée sur l’amour de soi et le respect du corps. La personne adepte de la Gymnastique Holistique apprend à sentir son corps, donc à le connaître mieux.
  • Tai-chi: Dérivé des arts martiaux, le tai-chi est une discipline corporelle d’origine chinoise comportant un ensemble de mouvements continus et circulaires exécutés avec lenteur et précision dans un ordre préétabli. Il met aussi l’accent sur la maîtrise de la respiration. La pratique vise entre autres à améliorer la souplesse, à renforcer le système musculosquelettique et à maintenir une bonne santé physique, mentale et spirituelle.
  • Yoga du Rire : vous avez sûrement vu une vidéo de cette nouvelle activité très tendance. Il s’agit de se mettre à rire en groupe jusqu’à épuisement total.

Jamais oh grand jamais vous ne me verrez critiquer ce genre d’activités au sein d’une entreprise mais il ne faut pas s’imaginer qu’uniquement par le biais d’un massage ou d’une relaxation, le stress va s’évaporer comme par magie et le plaisir de travailler pourra alors agir jusqu’à la retraite. Le bien-être en entreprise est un sujet de fond qui requiert, comme vous le verrez par la suite, des engagements importants et parfois difficiles à mettre en place.

Sentiment d’appartenance et « irremplaçabilité »
Le sentiment d’appartenance à l’entreprise permet de développer un réel attachement à son entreprise, de se sentir complice, de vouloir défendre sa société car elle partage des valeurs qui vous sont chères.
Il est évident que si vous pensez pouvoir être licencié d’une semaine à l’autre aussi facilement qu’un mouchoir jeté dans une corbeille, cela rajoute une inquiétude perpétuelle qui diminuera d’une part votre productivité et qui augmentera d’autre part votre stress quotidien.
Il est donc essentiel que l’entreprise prenne les bonnes décisions pour éviter ce genre de situations. La reconnaissance, l’organisation d’évènements (séminaires, invitations à des expositions…), l’accompagnement (cela peut être sous forme d’entretiens réguliers à la fois constructifs et rassurants avec ses salariés) peuvent jouer un rôle fondamental dans l’épanouissement du salarié.
J’ai pu en faire l’expérience en tant que chargé de communication interne, je peux vous certifier une seule chose : la reconnaissance est la clé pour bon nombre de malaises en entreprise et le problème est toujours le même : les patrons n’y pensent pas ou ne veulent pas remercier de peur de paraître trop aimable et de tuer leur image de « chef ». Lorsque vous vous baladez dans les couloirs, vous vous rendez compte du contraire, le respect des N+1 augmente s’il apporte une reconnaissance méritée à ses employés.

Motivation des salariés
En développant la motivation, que ce soit par un management performant, par une organisation du travail optimale ou encore grâce à un engagement permettant au sens de l’intérêt général de s’exprimer, on va provoquer du plaisir. Et en provoquant du plaisir, on va diminuer les effets toxiques du stress. Les chemins pour motiver ses employés sont très nombreux. Vous avez par exemple les challenges, les récompenses ou encore les travaux d’équipes qui peuvent à la fois motiver et souder un service.

Allen & Overy : la culture du bien-être
Le cabinet, qui a déménagé en 2008 au Kirchberg, en a profité pour créer un environnement de travail aussi idéal que possible sur le plan environnemental mais aussi sur le plan du bien-être au travail. Son initiative, qui au départ n’était pas un coup marketing mais bien basée sur une réelle volonté de mieux fonctionner en interne, a été récompensée par le Prix santé en entreprise 2008.
  Il s’agit d’un environnement où chacun au sein du cabinet peut proposer des idées pour améliorer les choses», explique Cédric Delahaye, senior marketing manager.

Chez Allen & Overy, il y a donc une salle de fitness où chaque employé peut venir évacuer la pression à la mi-journée ou tard en soirée. Au détour des couloirs, il n’est pas rare de voir trôner dans les bureaux des chaussures de running en aussi bonne place que la robe d’avocat.
« Les fondateurs du cabinet savent qu’on ne tient pas dans ce métier si on n’évacue pas le stress, c’est pourquoi il y cette salle où vous pouvez vous défouler », ajoute le manager.
Le petit plus, c’est qu’un coach vient deux fois par semaine et élabore avec chaque employé intéressé un programme qui lui convient: relaxation, perte de poids, dynamisme…

Une gestion optimisée du temps. Cette salle illustre bien la stratégie qui a été mise en place au sein de l’entreprise, c’est-à-dire l’optimisation du temps.
Tout est fait pour éviter aux employés de stresser en perdant du temps pour des choses inutiles, c’est pourquoi le cabinet a mis en place une conciergerie semblable à celle que l’on trouve dans les hôtels. Si un avocat tache sa cravate lors d’un dîner d’affaires ou si un autre employé a besoin de faire le contrôle technique de sa voiture, c’est no stress. À la conciergerie, le premier trouvera une cravate de remplacement et pourra faire nettoyer celle qui est tachée quand le second pourra confier les clés de sa voiture à un tiers qui fera le contrôle technique pour lui. L’employé peut donc avoir la tête libre pour se concentrer sur un dossier complexe et quand il a besoin de se relaxer, il peut à tout moment venir dans un des coffee corners que l’on trouve à chaque étage, qui ressemblent plus à un salon lounge qu’à une cafétéria d’entreprise. Enfin à midi, si l’envie lui prend, rien ne l’empêche de regarder un DVD à la cafétéria au look très zen.
Quand on demande à Cédric Delahaye si tout cela contribue au bien-être dans l’entreprise, il n’a pas de chiffres précis à donner mais a un argument imparable. « Pour dire si les salariés sont satisfaits, je me base sur le taux de rétention et ce que je peux dire, c’est que depuis que nous sommes installés au Kirchberg, personne n’a quitté l’entreprise ».

Je vous propose maintenant de cliquer sur le lien ci-dessous. il s’agit d’un interview de Muriel Penicaud, Directrice des ressources humaines du groupe Danone :

http://www.lexpansion.com/stress-au-travail/danone-contre-le-stress-d-abord-reperer-les-environnements-a-risque_230422.html

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Une réponse à to “L’entreprise du bien-être”

  • Rod dit :

    Un très bonne article qui peut être une solution au stress dans le monde professionnel. Une entreprise avec un taux de turnover réduit est gage de bien être.

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